Législatives

Bruxelles, Otan, G7... Macron aspiré par l'agenda international en pleine crise politique

Emmanuel Macron à l'aéroport d'Orly le 14 juin 2022 - GONZALO FUENTES © 2019 AFP

Le président est pris par un marathon diplomatique de 8 jours, du G7 au sommet de l'Otan en passant par l'ouverture de la procédure d'adhésion de l'Ukraine à l'UE, en pleine crise politique sur la scène nationale. "Ce côté 'je pars pendant 8 jours et j'attends vos copies à mon retour', ne peut pas être une façon de faire", tacle le député communiste Sébastien Jumel.

Une allocution solennelle pour face face à la crise ouverte depuis son échec aux législatives ... et puis s'en va. Après avoir appelé les oppositions à la réflexion, en les exhortant à bâtir à ses côtés "un contrat de coalition" ou en "construisant des majorités texte par texte", ce mercredi soir, Emmanuel Macron a pris la direction de Bruxelles ce jeudi matin.

Au menu de ses échanges avec ses partenaires européens: le processus d'adhésion de l'Ukraine dans l'Union européenne, très loin donc des négociations politiques avec ses oppositions.

Absorbé par la diplomatie

À son retour de Belgique dans 48 heures, Emmanuel Macron a prévenu: il veut "commencer à bâtir cette méthode et cette configuration nouvelle". Peut-être bien mais à peine sera-t-il revenu du sommet européen en Belgique qu'il se rendra à partir de dimanche en Allemagne pour le sommet du G7 pour deux jours puis enfin à Madrid pour plancher sur l'avenir de l'Otan, pour un sommet prévu du 28 au 30 juin.

De quoi laisser une impression de désertion, alors qu'Emmanuel Macron commence son second quinquennat les mains liées par l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Sur les bancs de la majorité, cet agenda international en pleine crise politique déplaît d'autant plus que la dernière séquence de ce type n'a pas porté chance à l'exécutif.

Laisser "pourrir la situation"

Deux jours après le premier tour des législatives, Emmanuel Macron, au lieu de faire campagne, s'était rendu en Roumanie, en Moldavie puis en Ukraine. En lieu et place de déplacements sur le terrain, il s'était fendu d'une courte allocution sur le tarmac d'Orly avant son départ pour Bucarest. Son geste avait surpris.

Les oppositions ne goûtent, elles non plus, guère la méthode.

"Ce côté 'je pars pendant 8 jours et j'attends vos copies à mon retour', ne peut pas être une façon de faire", a ainsi jugé Sébastien Jumel, député communiste mercredi soir sur France info.

Gilles Platret, le vice-président des Républicains, a regretté lui, un agenda qui "pourrit la situation" sur BFMTV.

L'ambiance entre les forces politiques ne semble cependant pas inquiéter les Français. Selon un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express, 7 Français interrogés sur 10 se disent satisfaits de l'absence d'une majorité absolue car ils y voient une "bonne chose pour la démocratie et le débat".

Marie-Pierre Bourgeois