Musique

"Missiles, attaques aériennes", l'Eurovision pointe les risques d'un concours 2023 en Ukraine

Les membres du groupe "Kalush Orchestra" se produisent au nom de l'Ukraine lors de la première demi-finale du concours Eurovision de la chanson 2022, le 10 mai 2022, au Palalpitour de Turin. - Marco BERTORELLO / AFP

L'Eurovision explique dans un communiqué sa décision de ne pas autoriser l'Ukraine à organiser la prochaine édition du concours, accueillie avec déception par le pays la semaine dernière.

La colère des Ukrainiens n'y changera rien, l'Union européenne de radio-télévision, organisatrice de l'Eurovision, confirme ce jeudi que le pays ne pourra pas accueillir l'édition 2023 malgré sa victoire à Turin en mai dernier. Dans un long communiqué, l'organisme explique cette décision. "Nous comprenons totalement la déception", écrivent-ils, avant de pousuivre:

"Cette décision a été guidée par la reponsabilité de l'UER d'assurer que les conditions soient réunies afin de garantir la sécurité de chaque personne qui travaille et qui participe à l'événement, dont l'organisation démarre immédiatement dans le pays-hôte."

La tradition veut que le pays qui remporte une édition de ce télé-crochet international organise la suivante sur son territoire. La victoire du groupe ukrainien Kalush Orchestra lors de l'Eurovision 2022, en pleine offensive russe, laissait planer le doute sur la capacité du pays à recevoir cet événement gigantesque l'an prochain. Bien que le président Volodomyr Zelensky lui-même ait fait part de son souhait d'accueillir l'Eurovision 2023, le couperet est tombé vendredi lorsque l'UER s'y est officiellement opposée.

"Cas de force majeure"

Le ministre de la Culture ukrainien Oleksandre Tkatchenko avait réclamé des "négociations supplémentaires". Elles n'auront pas lieu, à en croire le nouveau communiqué de l'UER:

"Les règles du Concours européen de la chanson, auxquelles tous les diffuseurs donnent leur accord, prévoient clairement que le lieu de l'événement puisse être changé en cas de force majeure, comme une guerre", peut-on lire.

L'UER évoque "les risques" relevés par le questionnaire de sécurité qu'a rempli l'Ukraine, notamment les "risques sévères de raids et d'attaques par avion, ou des attaques par drones ou par missiles", ainsi que l'évaluation d'un expert extérieur en sécurité, qui "déclare clairement que les mesures proposées pour limiter les menaces que représente l'organisation de l'événement en Ukraine étaient insuffisantes pour un événement public international".

Vers une édition 2023 au Royaume-Uni?

Enfin, l'UER ajoute que "les délégations et les participants" sont réticents à s'y rendre, et précise que l'éventualité d'organiser le concours dans un pays voisin s'éloigne également. Et de pointer du doigt "qu'aucune tournée internationale ne va passer par l'Ukraine en 2023".

Le pays qui accueillera le concours n'a pas encore été désigné. Mais l'UER a annoncé la semaine dernière avoir entamé des discussions avec le diffuseur britannique BBC; le candidat du Royaume-Uni Sam Ryder s'est classé deuxième derrière Kalush Orchestra lors de la dernière édition.

https://twitter.com/b_pierretBenjamin PierretJournaliste culture et people BFMTV