Transports

Grève chez Ryanair, Easyjet, Brussels Airlines et SAS: le secteur aérien en pleine turbulence sociale

Forte demande estivale et pénurie de personnel mettent les dirigeants de compagnies aériennes en situation de faiblesse. Plusieurs syndicats de pilotes, hôtesses et stewards leur mettent la pression en multipliant les appels à la grève.

Alors que l’été s’annonçait très prometteur pour les compagnies aériennes sur le plan financier, les appels à la grève se multiplient notamment dans les compagnies low cost. Il est vrai que la situation actuelle est particulièrement propice aux mouvements sociaux dans l’aérien.

D’un côté, on constate une forte demande qui a fait s’envoler le prix des billets cet été, de l’autre des pénuries de personnel aussi bien du côté des hôtesses et des stewards que des pilotes. Voilà pourquoi les organisations syndicales sont en position de force pour négocier à la fois des augmentations et de meilleures conditions de travail.

Ryanair confronté à une grève européenne

Parmi les compagnies sous tension figurent sans surprise Ryanair. Régulièrement accusée de faire du dumping social, le champion du low cost fait même face à un appel à la grève européen. Les bases belges de Bruxelles et Charleroi ouvrent le bal ce vendredi de même qu’au Portugal, suivi, le lendemain par le personnel navigant français, appelé à cesser le travail pour le week-end. En Espagne, le conflit est même parti pour durer neuf jours. Avec des conséquences sur le programme de vols. En Belgique, A Charleroi 127 vols sont déjà annoncés comme annulés.

L’autre géant du low cost, Easyjet est également dans le collimateur syndical. Mais la contestation se limite pour le moment à l’Espagne. Où le personnel navigant exige des augmentations. Le salaire de base d’une hôtesse se limite à 950 euros.

L’appel à cesser le travail se concentre sur les premier, troisième et quatrième week-ends, vendredis compris. Pour l’instant, Easyjet assure être en mesure d’assurer le programme de vols prévus tout en redoutant des "perturbations". Tout dépendra évidemment du nombre de pilotes, d’hôtesses et de stewards qui se mettront en grève.

Brussels Airlines contrainte d'annuler 315 vols

Les compagnies nationales n’échappent pas à ce mouvement de contestation. Pas toutes évidemment. Les dirigeants d’Air France se félicitent par exemple d’avoir pu mobiliser pleinement leur personnel pour faire face à la grande transhumance estivale attendue. Un syndicat très minoritaire de pilotes (Alter) a cependant lancé un appel à la grève le 25 juin, sans impact sur le plan de vols selon la direction.

En revanche, la compagnie nationale belge, Brussels Airlines (groupe Lufthansa) a été contrainte d’annuler 315 vols, l’appel à une grève de trois jours du personnel navigant à compter de ce jeudi ayant été assez suivi. La compagnie scandinave SAS pourrait à son tour être contrainte de réduire la voilure, ses pilotes étant appelés à débrayer le mercredi 29 juin.

Les passagers qui ont prévu de voyager avec une compagnie française sont-ils pour autant à l’abri du vent de contestation qui se lève ?Pas tout à fait. Un mouvement social est annoncé dans les aéroports parisiens de Roissy CDG et Orly. Avec de probables perturbations les 1er et 2 juillet. Par ailleurs le bon fonctionnement de l’aéroport de Palma de Majorque est menacé par une grève du personnel de nettoyage.

https://twitter.com/PierreKupfermanPierre KupfermanRédacteur en chef BFM Éco