Dossiers

Plusieurs cas de variole du singe, une maladie infectieuse rare habituellement présente en Afrique, ont été détectés en Europe et sur le continent américain. Caractérisée par ses impressionnantes pustules, cette infection se transmet lors de contacts rapprochés, ou d'échanges de fluides corporels. Les autorités sanitaires craignent une épidémie.

Bactérie E.coli dans des pizzas Buitoni

La France connaît depuis fin février 2022 une recrudescence de cas de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) liés à une contamination à la bactérie Escherichia coli. Ces cas, qui provoquent une insuffisance rénale, se manifestent chez les enfants. Deux d'entre eux sont morts à la suite de ces contaminations. Il y a bien un lien entre des pizzas de la marque Buitoni (Nestlé) et certains de ces contaminations récentes, ont annoncé les autorités sanitaires. Des analyses "ont confirmé un lien entre plusieurs cas et la consommation de pizzas surgelées de la gamme Fraîch'Up de la marque Buitoni contaminées par des bactéries Escherichia coli", a écrit dans un communiqué la Direction générale de la santé, qui dépend du gouvernement. Quelle pizza est concernée? Un rappel massif de la gamme Fraîch'Up a eu lieu à la mi-mars. Les consommateurs qui détiendraient des pizzas Fraîch’Up de marque Buitoni sont invités à "ne pas les consommer" et à "les détruire". "Il est également recommandé aux personnes détenant dans leur congélateur des pizzas surgelées ayant été séparées de leur boîte, et dont la gamme et la marque ne peuvent pas être formellement identifiées ou clairement connues, de ne pas les consommer et de les détruire", précise les autorités sanitaires. À la suite de cette affaire, Nestlé a indiqué fin mars que des tests menés dans son usine de Caudry, dans le Nord, qui produit certaines des pizzas de la marque Buitoni qui ont été contaminées, se sont avérés négatifs. "La priorité" pour l'entreprise, c'est désormais de trouver l'origine de la contamination, a expliqué Pierre-Alexandre Teulié, directeur général de la communication de Nestlé France. Le professeur François-Xavier Weill, qui dirige à l'institut Pasteur le centre de référence qui séquence tous les cas d'E.coli en France, s'interroge notamment sur "la farine utilisée pour la pâte à pizza". Se pose aussi la question de la cuisson de ces pizzas car le mode de contamination le plus courant pour E.coli est la consommation d'aliments "crus ou pas suffisament cuits". Les autorités sanitaires rappellent la nécessité de consulter un médecin en cas d'apparition, dans les dix jours après la consommation de la pizza, de diarrhées, douleurs abdominales ou vomissements. La consultation s'impose aussi si, dans les quinze jours, apparaissent des signes de grande fatigue, de pâleur, ou une diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées. "En l'absence de symptômes dans les 15 jours suivant la consommation, il est également rappelé qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter", conclut la Direction générale de la Santé. Escherichia coli, dite E.coli, désigne en réalité toute une famille de bactéries, qui sont très loin d'être toutes dangereuses pour la santé. Au contraire, elles sont présentes en grand nombre dans l'appareil digestif où une partie d'entre elles jouent un rôle dans le bon fonctionnement de l'organisme. Mais certaines variétés d'E.coli peuvent, à l'inverse, provoquer des intoxications. Il s'agit, le plus souvent, de variétés "productrices de shigatoxines" comme c'est le cas dans cette vague récente de contaminations françaises. Si ces intoxications passent généralement sans dommages en une dizaine de jours, elles peuvent dans de rares cas provoquer des complications, le plus souvent un "syndrome hémolytique et urémique" (SHU), avant tout chez les jeunes enfants et les personnes âgées, avec comme conséquences potentielles un coma ou la mort. "On estime que, pour jusqu'à 10% des patients, l'infection à E.coli (productrice) de shigatoxines peut évoluer en SHU, avec un taux de létalité de 3 à 5%", résume l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Polémique McKinsey: l’influence des cabinets de conseil

Y a-t-il une "affaire" McKinsey? À proximité immédiate de l'élection présidentielle, le camp d'Emmanuel Macron tente de déminer la polémique sur le recours aux cabinets de conseil, en particulier McKinsey, que les adversaires du président-candidat présentent comme le symbole d'une connivence avec les milieux d'affaires. Cette pratique est particulièrement contestée depuis la publication d'un rapport sénatorial soulignant un "phénomène tentaculaire". Selon ce rapport, les dépenses de conseil des ministères sont passées de 379,1 millions d'euros en 2018, à 893,9 millions d'euros en 2021. La polémique est avivée par certains des contrats dévoilés par les sénateurs, qui portent sur des réformes clivantes, comme celle des APL, ou encore un rapport sur "les évolutions du métier d'enseignant" et leur rémunération au mérite. "Cette polémique est liée à des gens qui ont fait des contrevérités", a commenté Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Fouras (Charente-Maritime), à un peu plus d'une semaine du premier tour. "Quand vous embauchez un fonctionnaire, vous l’avez toute la vie", a-t-il poursuivi. "Mais il faut qu’il ait des compétences dont vous avez besoin dans la durée. Quand c’est une mission ponctuelle, ce n’est pas une bonne utilisation de votre argent de créer un emploi dont nous allons payer toute la carrière et la retraite." Le président de la République considère donc "tout à fait légitime de se dire que si l’on a besoin d’une mission, je prends quelqu’un pour la mission, soit un contractuel, soit un prestataire". D'autant que, argue-t-il, l'État y a "quatre à cinq fois moins" recours "car on a plus de fonctionnaires" que les pays voisins. La veille, au cours d'une conférence de presse commune, les ministres de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, et des Comptes Publics, Olivier Dussopt, ont également tenté d'éteindre le début de polémique. Selon eux, le recours aux cabinets de conseil est "habituel et utile" et que la pratique est "répandue", "habituelle" et "utile" dans la "majorité des cas". Le cabinet McKinsey est particulièrement sous le feu des projecteurs car accusé de ne pas avoir payé d'impôts sur les sociétés en France entre 2011 et 2020. Mais il ne représente 5% des dépenses de conseil en stratégie de l'État, a détaillé Olivier Dussopt. Et le gouvernement représente de son côté 5% du chiffre d'affaires de McKinsey, a-t-il ajouté. En face, tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, se sont emparés de l'affaire. "Emmanuel Macron et ses amis tentent de mettre sous le tapis le McKinseyGate, véritable scandale d'Etat", tacle Jordan Bardella (RN), alors qu'Eric Zemmour accuse Emmanuel Macron "d'avoir renvoyé l'ascenseur" parce que "les gens de McKinsey ont travaillé pour sa campagne électorale" en 2017. L'écologiste Yannick Jadot promet, lui, que, s'il était élu, ce serait "la fin de l'insupportable arrogance" des cabinets de consultants qui, "à coups de centaines de millions d'euros par an, ont pensé, sur commande des gouvernements, la suppression des lits d'hôpitaux, la réduction des APL et autres réformes brutales".

Election présidentielle 2022

L'élection présidentielle française de 2022 est hors norme sur plusieurs plans. Les Français seront appelés à aller voter pour désigner le président ou la présidente de la République dans un contexte extraordinaire : pandémie de coronavirus, guerre en Ukraine, fragmentation politique, crise économique... Les candidats officiels sont : Valérie Pécresse, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont Aignan, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Fabien Roussel, Eric Zemmour et Emmanuel Macron. Les sondages, plus nombreux que jamais, ont mis au jour diverses dynamiques de campagne. Tandis que le président de la République bénéficie du contexte international, les autres candidats tentent d'exister dans une campagne difficile en faisant des propositions, analysées en détail dans notre comparateur de programmes et déclarations. Retrouvez toutes les informations pratiques sur l'élection présidentielle - dates, bureaux de vote, protocole sanitaire, procuration, listes électorales, campagne, débats, sondages et résultats - dans notre mode d'emploi de l'election. Les électeurs devront choisir le président de la République au suffrage universel direct en avril 2022, cinq ans après la victoire d'Emmanuel Macron, face à Marine Le Pen le 7 mai 2017. Cette précédente élection avait été marquée par l'élimination des deux partis historiques dès le premier tour : à gauche le Parti socialiste, divisé sur la candidature de Benoit Hamon et, à droite, Les Républicains embourbés dans l'affaire Fillon. Ce dernier était arrivé troisième, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon. Alors que les électeurs s'étaient majoritairement portés sur Emmanuel Macron au second tour, contre Marine Le Pen, l'issue d'une configuration similaire en 2022 seraient incertaine. On dû renoncer les perdants aux primaires partisanes : Sandrine Rousseau pour EELV ou Eric Ciotti chez LR. Mais aussi Arnaud Montebourg, en raison d'une campagne difficile. Enfin, certaines candidatures n'ont pas obtenu les parrainages nécessaires à leur validation, notamment celle de Christiane Taubira, François Asselineau ou Hélène Thouy.

Tensions en Corse: vers plus d'autonomie?

Depuis la violente agression d'Yvan Colonna le 2 mars, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998, les manifestations violentes se sont succédé en Corse. La question du statut de l'île s'est invitée dans les débats de l'élection présidentielle. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué être prêt "à aller jusqu'à l'autonomie". Une évolution dans le dialogue avec les élus locaux, alors qu'Emmanuel Macron, en début de mandat, avait promis d'inscrire le statut particulier de l'île dans la Constitution.

Yvan Colonna

Le militant indépendantiste corse Yvan Colonna a été très grièvement blessé début mars 2022 par un codétenu, condamné pour terrorisme, de la prison d'Arles. Depuis entre la vie et la mort, il a été victime "d'une strangulation à mains nues, puis d'un étouffement", a précisé le procureur de Tarascon. Son agresseur, Franck Elong Abe, a été mis en examen pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" par des juges d'instruction du tribunal judiciaire de Paris. Son geste, a-t-il dit aux enquêteurs, fait suite à un "blasphème" - le détenu corse aurait "mal parlé du prophète", a appris BFMTV de source judiciaire. Yvan Colonna a été condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 - un acte "barbare... sans précédent dans notre histoire", a dénoncé le président Jacques Chirac à l'époque. Mais ce berger, nationaliste corse convaincu, a toujours nié son implication. Lorsqu'en mai 1999, quand sont arrêtés les membres du groupe suspecté de l'assassinat et qu'interviennent les premières dénonciations, Yvan Colonna prend le maquis. Une cavale de quatre ans, jusqu'à son arrestation en juillet 2003. Sa piste a été suivie du Venezuela à la Sardaigne en passant par Vanuatu ou le Costa Rica, mais il était en réalité dans son île, dans une bergerie près de Propriano. Suit une longue saga judiciaire, avec trois procès avant une condamnation définitive à la réclusion criminelle à perpétuité (sans période de sûreté) en 2011. Mais Yvan Colonna a toujours nié. "J'ai jamais tué personne, j'ai jamais pensé tuer quelqu'un", avait-il insisté lors de son dernier procès. Mais il assume: "Je suis nationaliste, je pense que je le serai toujours". Il déclarait toutefois avoir quitté le militantisme en 1989-1990, après la naissance de son premier fils, pour se consacrer à sa famille et à son élevage caprin. Incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne), Toulon puis Arles, entre autres, il a multiplié les demandes de rapprochement en Corse, toutes refusées pour ce "détenu particulièrement signalé". En 2018, sa femme, qu'il a épousée en prison et avec qui il a eu un fils aujourd'hui âgé d'une dizaine d'années, interpellait Emmanuel Macron lors d'une visite à Ajaccio: "Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose". "Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer", lui avait alors répondu le président.

Jean-Pierre Pernaut est mort

Le journaliste Jean-Pierre Pernaut, figure emblématique du JT de TF1 pendant plus de 30 ans, est mort le mercredi 2 mars des suites d’un cancer à l'âge de 71 ans. "Le père de Tom, Lou, Olivier et Julien est décédé des suites de son cancer du poumon", a déclaré l'agent de son épouse Nathalie Marquay-Pernaut, quelques minutes avant que TF1 ne confirme la disparition du journaliste. Pendant 33 ans, Jean-Pierre Pernaut s'était imposé comme le roi de l'info de la mi-journée, avec une formule axée sur la proximité, souvent critiquée mais toujours très populaire. Il s'était retiré du JT, le 18 décembre 2020, alors qu'il était au plus haut de ses audiences et de sa popularité. Il avait alors été remplacé par Marie-Sophie Lacarrau, transfuge de France 2.

Ukraine-Russie: la guerre

Après des années de tension, le président russe Vladimir Poutine a relancé le conflit entre son pays et l'Ukraine - dirigée par Volodymyr Zelensky - en annonçant, le 21 février 2022, "reconnaître l'indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk", deux régions séparatistes prorusses du Donbass. Dans la foulée, le leader du Kremlin a enclenché, le 24 février, une opération militaire de grande envergure en Ukraine pour officiellement défendre ces séparatistes. "Nous nous efforcerons d'arriver à une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine", a-t-il dit. Le Kremlin a précisé que cette opération ayant pour objectif l'imposition d'un "statut neutre" à l'Ukraine, durerait le temps nécessaire, en fonction de ses "résultats" et sa "pertinence". Cette offensive russe intervient huit ans après que Moscou a annexé la Crimée et parrainé la prise de contrôle de régions du Donbass par des séparatistes prorusses, déclenchant un conflit régional qui a fait plus de 14.000 morts. L'Ukraine a de son côté dénoncé le début d'une "invasion de grande ampleur de la Russie". Cette opération vise à "détruire l'État ukrainien, s'emparer de son territoire par la force et établir une occupation", a notamment réagi le ministère des Affaires étrangères ukrainiens. Juste après le discours de Vladimir Poutine, des explosions ont retenti à Kiev, à Kramatorsk, ville de l'est servant de quartier général à l'armée ukrainienne, à Kharkiv (nord-est), deuxième ville d'Ukraine, à Odessa, sur la mer Noire, et à Marioupol, principal port de l'est. La centrale de Tchernobyl, théâtre du pire accident nucléaire de l'histoire en 1986, est tombée plus tard aux mains des soldats russes. Dès les premières heures de la journée, des habitants de Kiev se sont pressés dans le métro pour s'y abriter ou tenter de quitter la ville, cependant que des voitures remplies de familles fuyant la capitale créaient de vastes embouteillages. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné dans un décret la mobilisation générale des personnes soumises "à la conscription militaire et des réservistes", sous 90 jours dans toutes les régions du pays. Le dirigeant a regretté que l'Ukraine soit "laissée seule" face à l'armée russe alors que l'Alliance atlantique (Otan) a indiqué qu'elle n'enverrait pas de troupes pour la soutenir. De nombreux pays ont malgré tout condamné l'invasion russe. Le président américain Joe Biden, pour qui le maître du Kremlin va devenir "un paria sur la scène internationale", a imposé des restrictions aux exportations de produits technologiques vers la Russie. Le numéro deux de l'ambassade russe à Washington a été expulsé. Les dirigeants des 27 pays de l'UE ont parallèlement pris des sanctions "massives" contre la Russie dans les secteurs de l'énergie, de la finance et des transports mais sans l'exclure dans l'immédiat du réseau bancaire Swift, qui permet de recevoir ou d'émettre des paiements dans le monde entier. Des sanctions qui auront des conséquences sur l''économie européenne. Emmanuel Macron a lui annoncé que la France allait accélérer le déploiement de soldats en Roumanie dans le cadre de l'Otan. "La France continuera à jouer pleinement son rôle de réassurance des alliés de l'Otan en envoyant en Estonie un nouveau contingent au sein de la présence avancée renforcée, en anticipant sa participation à la police du ciel balte dès le mois de mars, et en accélérant aussi son déploiement en Roumanie", a déclaré le président français à l'issue d'un sommet exceptionnel de l'UE à Bruxelles.